Les architectes de Saint-Pétersbourg : Rastrelli, Rossi, Montferrand et les bâtisseurs de la Venise du Nord
Sommaire
- Saint-Pétersbourg, ville bâtie par des génies étrangers
- Bartolomeo Rastrelli : le baroque flamboyant d'Élisabeth
- Carlo Rossi : le classicisme de la Place du Palais
- Auguste de Montferrand : la cathédrale Saint-Isaac
- Andreïan Zakharov et l'Amirauté
- Andreï Voronikhin et la cathédrale de Kazan
- Giacomo Quarenghi, néoclassicisme pour Catherine II
- L'influence française sur l'architecture pétersbourgeoise
- Visiter les chefs-d'œuvre : guide pratique
- Questions fréquentes
Saint-Pétersbourg, ville bâtie par des génies architecturaux étrangers
Lorsque Pierre le Grand posa la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul le 16 mai 1703 sur l'île aux Lièvres, dans le delta de la Neva, il ne disposait d'aucun materiél humain russe pour bâtir la capitale européenne dont il rêvait. La Russie du début du XVIIIe siècle n'avait pas d'architectes formés aux styles néoclassique ou baroque qui triomphaient alors à Paris, Rome, Amsterdam ou Vienne. Le tsar fit donc ce qu'il avait fait pour la marine, l'armée et la bureaucratie : il recruta à l'étranger.
De 1703 à la révolution de 1917, pas moins de cinquante architectes étrangers laissèrent leur empreinte sur Saint-Pétersbourg. Italiens (Trezzini, Rastrelli, Rossi, Quarenghi, Rinaldi), Français (Montferrand, de la Mothe, Vallin de la Mothe), Écossais (Cameron), Allemands (Schlüter) : la Venise du Nord fut une véritable tour de Babel architecturale, où chaque architecte apportait ses références européennes tout en les adaptant aux exigences, à l'ambition et parfois aux caprices de ses maîtres royaux.
Pour découvrir les monuments et les palais de Saint-Pétersbourg dans leur ensemble, notre guide complet recense les incontournables de la ville impériale. Mais avant la visite, comprendre qui a bâti quoi, dans quel style et sous le règne de qui, permet de déchiffrer le palimpseste architectural de cette ville unique.
Trois grandes périodes stylistiques se succèdent à Saint-Pétersbourg. La période baroque (élévations de 1720 à 1760, sous Élisabeth) voit Rastrelli imposer ses palais aux façades turquoise et or. La période classique (1760-1830, sous Catherine II, Paul Ier et Alexandre Ier) voit se succéder Quarenghi, Starov, Voronikhin, Zakharov et Rossi. Enfin l'éclipticisme du XIXe siècle, dans lequel toutes les formes historiques coexistent, donne naissance à la cathédrale du Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé (1883-1907), pastiche éclatant de l'architecture moscovite du XVIIe siècle.
Bartolomeo Francesco Rastrelli (1700-1771) : le baroque flamboyant de l'impératrice Élisabeth
Né en 1700 à Paris d'un père sculpteur et architecte appelé par Pierre le Grand, Bartolomeo Francesco Rastrelli est arrivé en Russie à l'âge de cinq ans et n'en repartira plus. Formé en France et en Italie, il revient à Saint-Pétersbourg à vingt ans et commence sa carrière sous le règne de Pierre II. Mais c'est sous l'impératrice Élisabeth (1741-1762), fille de Pierre le Grand, que son génie s'exprime pleinement.
Élisabeth détestait la sobriété utilitaire imprimée par son père et par la régente Anna. Elle voulait de la magnificence, de la couleur, de l'exubérance. Rastrelli lui offrit exactement cela : un baroque à la russe, plus flamboyant encore que ses modèles italiens, où les palais prennent des teintes turquoise, vert pomme ou ocre jaune, rehausssées de blanc et d'or, où les façades foisonnent de colonnes, de cariatides, de frontons brisés, d'atlantes et de putti.
Ses réalisations majeures sont au nombre de cinq. Le Palais d'Hiver (1754-1762), cinquième du nom et dernier, est sans doute le plus grand palais baroque du monde : 230 mètres de façade, 1 786 portes, 1 945 fenêtres, 1 057 salles. Sa façade sur la Neva, peinte en vert céladon et blanc, constitue avec le bâtiment de l'État-Major et la colonne Alexandre le cœur de la Place du Palais. Le Palais de Tsarskoïe Selo (palais Catherine, 1748-1756), dans les faubourgs de Saint-Pétersbourg, déploie une façade de 325 mètres irréellement décorée d'or.
Rastrelli est également l'auteur du Palais de Peterhof (remanié en 1745-1755), avec ses célèbres fontaines et ses allées dorées, du Palais Stroganov sur la perspective Nevski (1752-1754), et du Couvent de Smolny (1748-1764), dont la cathédrale en forme de croix est couronnée de cinq coupoles bleues en forme d'oignon. Lorsqu'Élisabeth mourut en 1762 et que Catherine II lui succéda avec des goûts résolument néoclassiques, Rastrelli perdit la faveur impériale. Il mourut en 1771, à 71 ans, dans l'ombre de ses propres chefs-d'œuvre.
Carlo Rossi (1775-1849) : le classicisme empire qui dessina la Place du Palais
Carlo Giovanni Rossi naît à Naples en 1775, fils d'une ballerine italienne qui avait dansé à la cour de Catherine II. Élevé en Russie, formé à Rome, il revient à Saint-Pétersbourg sous Alexandre Ier et devient rapidement le maître incontesté de la ville. Sa production sous Nicolas Ier et Alexandre Ier (1816-1832) transforme radicalement la physionomie de la capitale.
Si Rastrelli avait créé des palais, Rossi créa des ensembles urbains. Son idéal était le classicisme français du Premier Empire : colonnes corinthiennes, frises antiques, sobriété majestueuse, proportions rigoureusement calculées. L'ensemble de la Place du Palais, avec son bâtiment de l'État-Major en demi-cercle et sa majestueuse Arch de Triomphe (1819-1829), est son chef-d'œuvre absolu : l'un des plus beaux espaces urbains du monde selon de nombreux architectes.
Il est aussi l'auteur de l'Hôtel des Arts (ou Place des Arts, avec le Théâtre Mikhaïlovski et le Musée Russe, 1819-1825), du Théâtre Alexandrinski (1828-1832) et de la rue Rossi, merveille d'urbanisme classique où la largeur de la rue (22 mètres) est exactement égale à la hauteur des deux bâtiments qui la bordent sur 220 mètres de longueur. Rossi calcula personnellement que si les deux façades s'effondraient simultanément, elles se rencontreraient exactement au milieu de la rue.
Rossi bâtit également la Place du Sénat (1829-1834), devant laquelle le Cavalier de Bronze de Falconet veille sur la Neva. Il mourut à Saint-Pétersbourg en 1849, à 74 ans, après avoir laissé à la ville son visage classique impérial le plus cohérent. Le célèbre cimetière Novodevitchi à Moscou, pendant moscovite des nécropoles pétersbourgeoises, abrite quant à lui de nombreuses personnalités de la culture russe du XIXe siècle qui connurent ces ensembles architecturaux.
Auguste de Montferrand (1786-1858) : la cathédrale Saint-Isaac, 40 ans de chantier
Henri Louis Auguste Ricard de Montferrand naît à Paris en 1786. Formé à l'École des Beaux-Arts sous Charles Percier, il participe aux travaux de la colonne de la Place Vendôme et du Panthéon avant de répondre, en 1816, à l'appel d'Alexandre Ier qui cherche un architecte pour reconstruire la cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg, fondée par Pierre le Grand. Sa candidature est retenue, et il part pour la Russie en 1816 à l'âge de 30 ans. Il n'en reviendra jamais vivant.
Le chantier de la cathédrale Saint-Isaac (1818-1858) est l'un des plus colossaux de l'histoire de l'architecture. Les problèmes techniques sont immenses : le sol marécageux de Saint-Pétersbourg impose de planter 24 000 pieux de bois pour consolider les fondations. Les 48 colonnes monolithiques de granit rouge de Finlande, chacune de 17 mètres de hauteur et de 114 tonnes, doivent être extraites, transportées par mer et érigées sans équipement motorisé. La coupole principale, revêtue de 100 kilogrammes d'or pur, culmine à 101,5 mètres.
L'intérieur n'est pas moins impressionnant : des mosaïques, des colonnes de malachite et de lapis-lazuli, des bas-reliefs en bronze, des vitraux uniques en Russie. La superficie intérieure de 4 000 m² peut accueillir 14 000 fidèles debout. La cathédrale était, lors de son inauguration, le quatrième plus grand édifice religieux au monde après Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres et Santa Maria del Fiore de Florence.
Montferrand est également l'auteur de la Colonne Alexandre (1830-1834), monolithe de granit rose de 47,5 mètres dressé au centre de la Place du Palais en l'honneur de la victoire d'Alexandre Ier sur Napoléon. Ce monolithe est le plus grand du monde en granit : 600 tonnes, érigées en 40 minutes par un millier d'ouvriers et 60 cabestans. Montferrand mourut de joie et d'épuisement 37 jours après l'inauguration de Saint-Isaac en 1858, à 72 ans.
Andreïan Dmitrievitch Zakharov (1761-1811) et l'Amirauté, symbole de la puissance maritime russe
Contrairement à Rastrelli, Rossi et Montferrand, Andreïan Zakharov est l'un des rares grands architectes russes de naissance qui transformèrent le visage de Saint-Pétersbourg. Né à Saint-Pétersbourg en 1761, fils d'un fonctionnaire de l'Amirauté, il est formé à l'Académie des Beaux-Arts de la ville puis à Paris, dans l'atelier de Jean-François Chalgrin (futur concepteur de l'Arc de Triomphe). De retour en Russie en 1787, il enseigne à l'Académie avant d'être nommé architecte en chef de l'Amirauté en 1805.
Sa grande œuvre est la reconstruction de l'Amirauté (1806-1823), le complexe naval créé par Pierre le Grand qui se dressait sur la Neva face au fleuve. La version précédente, construite par Ivan Korobov en 1732, était fonctionnelle mais sans éclat architectural. Zakharov en conçoit une version monumentale de 407 mètres de façade, dans le style classicisme russe propre à l'époque d'Alexandre Ier.
L'élément le plus célèbre est la flèche dorée de 72 mètres, terminée par une girouette en forme de petite caravelle dorée. Cette flèche, visible depuis les trois grandes perspectives qui rayonnent depuis le centre de la ville (Nevski, Gorokhovaïa, Voznessenski), est le point de convergence géographique et symbolique de Saint-Pétersbourg : comme les rayons d'un soleil, les trois avenues partent de l'Amirauté.
Zakharov mourut en 1811, deux ans avant l'inauguration officielle de son chef-d'œuvre, victime d'une inflammation aiguë qui le terrassa à 50 ans. L'Amirauté, qui abrite depuis 1917 l'Académie navale de Russie, reste son monument le plus accompli, reflet d'un classicisme austère et puissant qui contraste magnifiquement avec l'exubérance baroque du Palais d'Hiver voisin.
Andreï Voronikhin (1759-1814) et la cathédrale de Kazan, inspirée de Saint-Pierre de Rome
Andreï Nikiforitchi Voronikhin incarne l'une des trajectoires les plus romanesques de l'architecture russe : né serf en 1759 dans les terres du comte Alexandre Stroganov près de Perm, il révèle un talent artistique si précoce que son maître le fait former à Moscou puis à Saint-Pétersbourg. Affranchi par le comte Stroganov, dont il était peut-être le fils naturel, il part étudier à Paris et à Rome entre 1786 et 1790, où il se nourrit des œuvres de Bernini, Borromini et Soufflot.
De retour en Russie, il est nommé en 1800 architecte de la cathédrale de Kazan, l'un des projets les plus ambitieux de Paul Ier et d'Alexandre Ier. La cathédrale (1801-1811) est conçue pour abriter l'icône miraculeuse de Notre-Dame de Kazan et pour affirmer la grandeur spirituelle et architecturale de la Russie. Son colonnade semi-circulaire de 96 colonnes corinthiennes, directement inspirée de la colonnade de Saint-Pierre de Rome par Bernini, crée un parvis monumental sur la perspective Nevski.
La cathédrale de Kazan est aujourd'hui le Musée d'Histoire de la Religion, mais elle conserve son rôle religieux partiel et reste l'un des monuments les plus visités de la ville. Elle abrite également le tombeau du maréchal Koutouzov, héros de la guerre de 1812 contre Napoléon. La colonnade, chef-d'œuvre de la perspective urbaine, dialogue magnifiquement avec la rigidité classique de la rue Nevski. Le cimetière Novodevitchi à Moscou conserve quant à lui les tombes d'autres grandes figures de cette période napoléonienne.
Giacomo Quarenghi (1744-1817) : l'architecte néoclassique préféré de Catherine II
Giacomo Quarenghi naît à Bergame, en Lombardie, en 1744. Formé à Rome dans les cercles palladiens, profondément marqué par l'architecture de l'Antiquité et par les œuvres d'Andrea Palladio, il répond en 1779 à l'appel de Catherine II, qui cherche un architecte pour réformer l'esthétique de sa cour dans un sens résolument néoclassique. Il s'installe définitivement à Saint-Pétersbourg et ne quittera plus la Russie jusqu'à sa mort en 1817.
La production de Quarenghi est considérable : plus de cinquante bâtiments construits ou rénovés. Parmi ses œuvres les plus importantes à Saint-Pétersbourg, on retient le Théâtre de l'Ermitage (1783-1787), construit dans l'aile du Petit Ermitage, remarquable pour sa salle semi-circulaire à l'antique ; l'Institut Smolny (1806-1808), temple laïque de l'éducation féminine, aux colonnes ioniques imposantes ; l'Académie des Sciences (1783-1789) sur la digue Vassilievski ; et le Palais Angleterre (1781-1789) à Peterhof.
Quarenghi représente la facette la plus pure du néoclassicisme pétersbourgeois : façades blanches sobres, colonnes régulières, porches à tympan triangulaire, refus de tout ornement superflu. Ses bâtiments expriment la confiance des Lumières en la raison, l'ordre et la mesure. La Banque d'État (1783-1790), le Palais Angleterre et la Cavalerie des Gardes témoignent de cette discipline formelle dont Catherine II fit le symbole de sa politique de modernisation européenne.
L'influence française sur l'architecture pétersbourgeoise
Parmi tous les apports étrangers, l'influence française occupe une place singulière dans l'architecture de Saint-Pétersbourg. Elle s'exerce non seulement par les architectes de naissance française (Montferrand, Vallin de la Mothe, de la Mothe), mais aussi par la formation parisienne reçue par des architectes de toutes nationalités (Rossi, Zakharov, Voronikhin se sont tous formés à Paris).
Jean-Baptiste-Michel Vallin de la Mothe (1729-1800), élève de Blondel à Paris, fut appelé par Catherine II en 1759. Il donna à l'architecture de la cour un virage décisif vers le néoclassicisme français : son Petit Ermitage (1764-1775), voisin du Palais d'Hiver, fut le premier bâtiment de ce qui allait devenir le musée de l'Ermitage. Son Gostiny Dvor (1757-1785), la grande galerie marchande de la perspective Nevski, resté en usage jusqu'aujourd'hui après 260 ans de commerce ininterrompu, témoigne d'une architecture civile fonctionnelle à la française.
Cette influence française va bien au-delà des architectes individuels. L'urbanisme de Saint-Pétersbourg lui-même est pensé à la française : la perspective Nevski, large avenue rectiligne de 4,5 kilomètres, évoque les grandes avenues parisiennes. Les places royales, les colonnades de colonnes, les angles de vue calculés entre les monuments font partie du vocabulaire architectural de Versailles et de Paris porté à l'échelle impériale russe. Le patrimoine architectural franco-russe reste aujourd'hui un domaine de recherche et de coopération culturelle active entre les deux pays.
Visiter les chefs-d'œuvre architecturaux : guide pratique
Saint-Pétersbourg offre la concentration la plus dense de chefs-d'œuvre architecturaux classiques et baroques d'Europe. Voici les incontournables, classés par architecte :
| Architecte | Monument principal | Accès |
|---|---|---|
| Rastrelli | Palais d'Hiver (Ermitage) | Métro Nevski Prospekt |
| Rastrelli | Palais Catherine (Tsarskoïe Selo) | Train depuis Vitebski vokzal |
| Rastrelli | Peterhof (palais + fontaines) | Hydrofol depuis l'Ermitage |
| Rossi | Place du Palais + État-Major | Centre-ville, à pied |
| Rossi | Théâtre Alexandrinski | Métro Nevski Prospekt |
| Montferrand | Cathédrale Saint-Isaac | Métro Admiralteïskaïa |
| Montferrand | Colonne Alexandre | Place du Palais, à pied |
| Zakharov | Amirauté | Métro Admiralteïskaïa |
| Voronikhin | Cathédrale de Kazan | Métro Nevski Prospekt |
| Quarenghi | Théâtre de l'Ermitage | Accès depuis l'Ermitage |
Pour préparer votre visite, consulter notre lexique de la culture russe : 40 termes essentiels pour voyageurs — un guide des mots et concepts indispensables pour aborder cette ville avec les bons repères.
La plupart des monuments sont concentrés dans un rayon de 3 kilomètres autour de la Place du Palais, accessible à pied depuis le métro Nevski Prospekt ou Admiralteïskaïa. L'accès aux cathédrales (Saint-Isaac, Kazan, Saint-Pierre-et-Paul dans la forteresse éponyme) nécessite un billet d'entrée ; les palais (Ermitage, Peterhof, Tsarskoïe Selo) exigent une réservation en ligne, idéalement plusieurs semaines à l'avance en haute saison.
Questions fréquentes
Qui a conçu le Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg ?
Le Palais d'Hiver, résidence officielle des tsars et aujourd'hui cœur du musée de l'Ermitage, a été conçu par Bartolomeo Francesco Rastrelli (1700-1771). La version actuelle, cinquième du nom, fut construite entre 1754 et 1762 sur ordre de l'impératrice Élisabeth. Rastrelli y déploya un baroque flamboyant caractérisé par la façade de 230 mètres, les 1 786 portes et 1 945 fenêtres décorées de façon extravagante en turquoise et or.
Combien d'années ont été nécessaires pour construire la cathédrale Saint-Isaac ?
La construction de la cathédrale Saint-Isaac, conçue par Auguste de Montferrand (1786-1858), a duré exactement 40 ans, de 1818 à 1858. L'édifice représente une prouesse technique extraordinaire : 48 colonnes monolithiques de granit rouge de 114 tonnes chacune, une coupole dorée de 22 mètres de diamètre visible à 40 kilomètres, et une superficie intérieure de 4 000 m² pouvant accueillir 14 000 fidèles.
Quelle est la différence entre le style baroque de Rastrelli et le classicisme de Rossi ?
Le baroque de Rastrelli se caractérise par une ornementation foisonnante, des façades en turquoise et or, des statues en relief et des effets dramatiques (Palais d'Hiver, Palais Catherine). Le classicisme de Rossi privilégie la sobriété des lignes droites, les colonnes doriques et ioniques, la rigueur géométrique (rue Rossi, Place des Arts, Place du Sénat). Les deux styles coexistent dans la ville et créent sa richesse architecturale.
Pourquoi tant d'architectes étrangers ont-ils bâti Saint-Pétersbourg ?
Pierre le Grand voulait créer une capitale européenne rivalisant avec Paris et Rome. N'ayant pas d'architectes russes formés aux styles contemporains, il fit appel à des maîtres italiens, français, allemands et écossais. Cette politique continua sous ses successeurs : Élisabeth appela Rastrelli, Catherine II recruta Quarenghi et Rinaldi, Alexandre Ier engagea Rossi et Montferrand. Saint-Pétersbourg devint la synthèse unique entre vision impériale russe et génie architectural européen.
Qu'est-ce que l'Amirauté et qui en est l'architecte ?
L'Amirauté est un complexe naval sur la Neva dont la flèche dorée de 72 mètres est le symbole emblématique de Saint-Pétersbourg, visible depuis les trois principales perspectives. Sa version actuelle, chef-d'œuvre du classicisme russe, fut construite entre 1806 et 1823 par l'architecte russe Andreïan Zakharov (1761-1811). Le bâtiment abrite depuis 1917 l'Académie navale de Russie.