Cathédrales de Saint-Pétersbourg : entretien avec un historien de l'architecture religieuse
Ancien conservateur de musée, Pierre Dumont enseigne depuis vingt ans l'art religieux russe à Paris. Ses voyages d'études en Russie, menés depuis 2000, l'ont conduit à consacrer une part importante de ses travaux aux cathédrales de Saint-Pétersbourg et de Moscou.
Saint-Pétersbourg n'est pas Moscou. La capitale imposée par Pierre le Grand à partir de 1703 rêve d'Italie, songe à Versailles, regarde vers l'Europe protestante et catholique avec autant de curiosité que de dréfiance. Les cathédrales qui s'y élèvent au cours des XVIIIe et XIXe siècles ne ressemblent que très peu aux églises à bulbes de la Russie médiévale. C'est un autre monde architectural, plus classique, plus discipliné, parfois étrange dans son refus assumé des formes traditionnelles. Pour autant, ces cathédrales restent profondément orthodoxes, et leur lecture demande des clés que peu de visiteurs maîtrisent.
Pierre Dumont, dont les recherches portent depuis vingt ans sur l'art religieux russe, accepte de nous guider à travers ces ensembles. Au fil de cet entretien, il déploie l'histoire, le contexte politique, les choix esthétiques et les anecdotes qui font de chaque cathédrale un document vivant. Saint-Isaac, Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, Pierre-et-Paul, Notre-Dame-de-Kazan : voici quatre façons d'entrer dans Saint-Pétersbourg.
Pierre, comment se distingue l'architecture des cathédrales de Saint-Pétersbourg de celle de Moscou ?
Marianne Lefèvre : Beaucoup de visiteurs francophones, en arrivant à Saint-Pétersbourg, sont surpris : ils s'attendent à des bulbes colorés comme à Moscou et découvrent des coupoles dorées, des colonnades, des façades classiques. Comment expliquer cette différence ?
Pierre Dumont :Vous touchez d'emblée à ce qui est sans doute la clé pour comprendre Saint-Pétersbourg. La ville est une création politique d'un type très particulier. Quand Pierre le Grand fonde sa nouvelle capitale en 1703 sur les marais de la Néva, il ne veut surtout pas d'une ville russe traditionnelle. Il veut une fenêtre sur l'Europe, une ville qui parle le langage de l'architecture italienne, française et hollandaise de son temps. Cette volonté politique se traduit immédiatement dans le bâti religieux.
L'architecture religieuse moscovite antérieure est tout autre. Elle s'inscrit dans un héritage byzantin réinterprété par la tradition russe : plans centrés, multiplication des coupoles — trois, cinq, sept, treize —, bulbes colorés, façades richement ornées de motifs géométriques nommés kokochniki. Voyez la cathédrale de Saint-Basile-le-Bienheureux sur la place Rouge, érigée sous Ivan le Terrible : c'est l'incarnation absolue de cet imaginaire russe médiéval.
À Saint-Pétersbourg, à l'inverse, les architectes que Pierre le Grand fait venir — Trezzini, Schlüter, Le Blond — importent le vocabulaire baroque puis classique de l'Europe occidentale. La cathédrale Pierre-et-Paul, avec sa flèche de 122 mètres et sa nef longitudinale, ressemble plus à une église luthérienne baltique qu'à une cathédrale orthodoxe traditionnelle. C'est même l'un des rares édifices orthodoxes au monde à avoir une flèche plutôt qu'un tambour central.
Au fil des siècles, Saint-Pétersbourg adopte successivement le baroque (Pierre-et-Paul, Smolny), le néoclassicisme (Kazan, Saint-Isaac), puis — en réaction — le style russo-byzantin du XIXe siècle (Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé). Cette dernière cathédrale, justement, est intéressante parce qu'elle marque un retour assumé à l'imaginaire moscovite : Alexandre III, qui la commande, veut symboliquement renouer avec la Russie d'avant Pierre le Grand. C'est un manifeste politique autant qu'une église.
Saint-Isaac est sans doute la plus connue. Quels sont ses éléments remarquables ?
Marianne Lefèvre : Quand on dit « cathédrale de Saint-Pétersbourg », c'est souvent Saint-Isaac qui vient en premier à l'esprit. Quels sont ses éléments les plus remarquables, et qu'est-ce qui en fait un chef-d'œuvre ?
Pierre Dumont :Saint-Isaac, ou cathédrale Saint-Isaac-de-Dalmatie, est un cas exceptionnel dans l'histoire de l'architecture européenne du XIXe siècle. Conjugué en chiffres : la cathédrale culmine à 101,5 mètres avec sa coupole dorée, pèse environ trois cent mille tonnes, contient près de quatre cents kilos d'or pur sur sa coupole et accueillait jusqu'à quatorze mille fidèles pour les grandes célébrations impériales. Ce sont des dimensions qui en font, tout simplement, l'une des plus grandes cathédrales chrétiennes du monde — quatrième par le volume, derrière Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres et le Dôme de Florence.
L'architecte est Auguste de Montferrand, un Français arrivé en Russie en 1816 sur recommandation de l'impératrice mère. Montferrand, qui n'avait pourtant jamais réalisé de chantier majeur, remporte le concours impérial grâce à un projet de classicisme pur, inspiré du Panthéon de Paris. Nicolas Ier, monté sur le trône en 1825, lui apporte un soutien constant. Le chantier durera quarante ans : Montferrand y consacrera quasiment toute sa carrière et mourra peu après la consécration en 1858.
L'élément le plus saisissant est le quadruple portique à colonnes monolithiques de granit rouge, taillées dans une seule pièce et pesant chacune cent quatorze tonnes. L'extraction et le transport de ces colonnes, depuis les carrières de Carpovskoie en Carélie jusqu'au centre de Saint-Pétersbourg, sont en eux-mêmes une épopée technique. Les frères Cherbenkov, maîtres tailleurs de pierre russes, ont mis au point des méthodes d'extraction qui inspirent encore l'industrie de la pierre aujourd'hui.
À l'intérieur, on est saisi par la richesse des matériaux : quatorze sortes de marbre, du lapis-lazuli, du malachite, du porphyre, du jaspe. La fameuse colonne de malachite de l'iconostase, longue de huit mètres, est d'un seul tenant — un exploit technique pour ce minéral cassant. La coupole intérieure, peinte par Karl Brioullov, représente la Vierge et les quatre évangélistes ; la coupole extérieure, dorée à la feuille selon une technique de mercure aujourd'hui interdite, garde son éclat depuis cent soixante-dix ans. C'est un manifeste d'orgueil impérial autant qu'un sanctuaire orthodoxe. Pour le contexte plus large des monuments pétersbourgeois, je recommande la page monuments de Saint-Pétersbourg qui replace Saint-Isaac dans l'ensemble urbain.
La construction de Saint-Isaac a duré quarante ans (1818-1858). Pourquoi tant de temps ?
Marianne Lefèvre : Quarante ans de chantier, c'est considérable. Quelles raisons techniques, politiques ou symboliques expliquent cette durée exceptionnelle ?
Pierre Dumont :La durée du chantier de Saint-Isaac résulte d'une combinaison de facteurs techniques, financiers et politiques. Commençons par les contraintes techniques. Saint-Pétersbourg est bâtie sur des marais : le sol est meuble, gorgé d'eau, traitrès. Pour soutenir l'édifice, il a fallu enfoncer près de vingt-cinq mille pieux de pin sous les fondations — un travail titanesque, mené entre 1818 et 1827. Sans cette consolidation préalable, la cathédrale se serait littéralement effondrée dans la boue.
Ensuite, la façade et les portiques. Les colonnes monolithiques de granit, je l'ai mentionné, pèsent chacune cent quatorze tonnes. Leur extraction, leur transport sur barges puis sur traîneaux spéciaux, leur érection — sans grues modernes, par systèmes de cabestans et d'échafaudages compliqués — ont occupé plusieurs années de chantier intense. La technique d'érection mise au point par l'ingénieur Lascelles, améliorée par Bethéncourt, sera reprise dans d'autres chantiers monumentaux du XIXe siècle.
La coupole, ensuite, est un défi en soi. Elle est constituée de trois calottes successives en métal — une innovation pour l'époque — afin d'alléger la structure tout en préservant la silhouette. La dorure à la feuille, par amalgame de mercure, a coûté la vie ou la santé de soixante ouvriers selon les chiffres officiels — sans doute davantage en réalité.
S'ajoutent à cela des facteurs financiers. La Russie de Nicolas Ier traverse la guerre de Crimée (1853-1856), qui mobilise des ressources gigantesques. Le chantier ralentit, redemarre, ralentit encore. Et il existe une dimension symbolique : l'empereur souhaitait que la cathédrale, comme Versailles pour Louis XIV, témoigne pour les siècles à venir de la grandeur de son règne. Mieux valait quarante ans bien faits qu'un édifice bâclé. Saint-Isaac est consécrée le 30 mai 1858, sous le règne d'Alexandre II, fils et successeur de Nicolas. Montferrand, qui voulait être enseveli dans « sa » cathédrale, en sera privé par la cour : son corps est rapatrié en France.
Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé a une histoire dramatique. Pouvez-vous nous la raconter ?
Marianne Lefèvre : Le nom même de cette cathédrale — sur le sang versé — intrigue. Quelle est l'histoire qui a présidé à sa construction ?
Pierre Dumont :Cette histoire est saisissante. Le 1er mars 1881 — le 13 mars du calendrier grégorien — l'empereur Alexandre II, dit le tsar libérateur parce qu'il avait aboli le servage en 1861, regagne le palais d'Hiver après avoir assisté à une parade militaire. Sur le quai du canal Griboedov, son cortège est attaqué par des révolutionnaires de l'organisation Naroïnaia Volia (la Volonté du peuple). Une première bombe éclate sous la voiture du tsar mais le blesse à peine. Alexandre II commet l'erreur fatale de descendre pour s'enquérir des blessés. Un second activiste, Ignati Grinévitski, lance alors une seconde bombe directement aux pieds de l'empereur. Les deux jambes broyées, Alexandre II meurt quelques heures plus tard au palais d'Hiver. Grinévitski est tué sur le coup ; les autres conjurés, dont Sofia Pérovskaia, seront pendus six semaines plus tard.
Son fils et successeur, Alexandre III, prend très vite la décision symbolique d'ériger une église-mémorial à l'emplacement exact de l'attentat. Un décret impérial du printemps 1881 lance le projet. Le concours est lancé, plusieurs architectes présentent des propositions. Mais Alexandre III, profondément russophile et hostile à l'esthétique occidentalisante de son grand-père et de son père, exige un projet en style russo-byzantin — c'est-à-dire renouant avec l'imaginaire moscovite des XVIe et XVIIe siècles. Le projet retenu est celui d'Alfred Parland, architecte d'origine écossaise mais formé en Russie, en collaboration avec l'archimandrite Ignati.
Le chantier démarre en 1883 et durera vingt-quatre ans. La cathédrale est consécrée le 6 août 1907, en présence de Nicolas II. Particularité troublante : la cathédrale est bâtie sur le pavé même où le tsar a été blessé à mort. Pour préserver le fragment de pavement original, le canal Griboedov a été rétréci de quelques mètres, l'édifice empiétant légèrement sur l'eau. À l'intérieur, sous un dais de marbre et de jaspe, on peut encore voir aujourd'hui les pavés tachés du sang du tsar.
L'histoire de cette cathédrale est aussi celle de plusieurs survies miraculeuses : sous l'URSS, elle a faillé être détruite plusieurs fois ; pendant le siège de Leningrad, elle a servi d'entrepôt et a reçu des obus dont l'un est resté fiché dans la voute pendant près de vingt ans avant d'être désamorcé. Pour aller plus loin sur ce sanctuaire, voyez la page consacrée à Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, qui détaille les étapes de sa restauration entre 1971 et 1997.
Quelle est la spécificité stylistique de Saint-Sauveur, qui surprend tant les visiteurs ?
Marianne Lefèvre : Saint-Sauveur détonne dans Saint-Pétersbourg. Tout le monde pense immédiatement à Saint-Basile-le-Bienheureux à Moscou. Comment caractériser le style russo-byzantin auquel elle appartient ?
Pierre Dumont :Vous avez parfaitement identifié le modèle. Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé référence explicitement Saint-Basile-le-Bienheureux et plus largement les églises du XVIe siècle moscovite, du temps d'Ivan le Terrible et avant. C'est un choix politique délibéré d'Alexandre III, qui veut symboliquement annuler la rupture pierreuse, c'est-à-dire l'occidentalisation imposée par Pierre le Grand à partir de 1703.
Le style russo-byzantin, ou russkii stil, est un courant historiciste du XIXe siècle russe. Il procède par citation : il réemprunte aux églises médiévales russes leurs éléments les plus reconnaissables — bulbes colorés en forme de mitre, kokochniki en pointe sur les façades, fenêtres géminées, tentes coniques — pour les recombiner avec un certain maîtrise dans des édifices nouveaux. Saint-Sauveur en est l'exemple le plus accompli à Saint-Pétersbourg, mais on trouve la même démarche à Moscou avec les églises de la fin du XIXe, ou à Iaroslavl pour la cathédrale Saint-Féodor.
L'autre élément qui frappe dès qu'on entre dans Saint-Sauveur, c'est l'envahissement total de l'espace par la mosaïque. Près de sept mille cinq cents mètres carrés de surface intérieure sont entièrement recouverts de mosaïques byzantines, ce qui en fait, statistiquement, l'une des plus vastes ensembles mosaiqués du monde. Cette ornementation a été réalisée par les meilleurs ateliers russes de l'époque, sous la direction de Vassili Vassiliév et d'après les cartons de plus de trente peintres dont Mikhaïl Vroubel, Viktor Vasnétsov et Mikhaïl Nesterov. La technique est byzantine : les tesselles, en verre coloré, sont posées dans le mortier sous des angles légèrement variables, ce qui produit cette vibration lumineuse caractéristique dès qu'un rayon de soleil traverse les baies.
L'iconographie mérite un mot. Le programme iconographique se concentre sur le Christ Sauveur (d'où le nom), sur la Passion et la Résurrection — en résonance directe avec le sang versé d'Alexandre II, assimilé symboliquement à un sang martyrial. La grande mosaïque de l'abside, le Christ Pantocrator haut de huit mètres, est l'un des chefs-d'œuvre de la mosaïque russe du début du XXe siècle. Pour qui a vu Sainte-Sophie d'Istanbul ou la Cappella Palatina de Palerme, l'effet est familier mais décalé vers une sensibilité russe.
La cathédrale Pierre-et-Paul abrite la nécropole impériale. Comment se visite-t-elle ?
Marianne Lefèvre : Pierre-et-Paul a une autre fonction, plus sépulcrale. Que peut y voir le visiteur français ?
Pierre Dumont :La cathédrale Pierre-et-Paul est l'édifice religieux le plus ancien encore debout à Saint-Pétersbourg. Sa construction commence en 1712, soit neuf ans seulement après la fondation de la ville. Pierre le Grand confie le projet à Domenico Trezzini, architecte tessinois (suisse italien) qu'il a recruté à Copenhague. La construction dure jusqu'en 1733, sous le règne d'Anna Ioannovna. Pierre le Grand n'en verra pas l'achèvement : il meurt en 1725, et c'est dans cette cathédrale encore en chantier qu'il sera enseveli en grande pompe.
Architecturalement, Pierre-et-Paul est une rupture totale avec la tradition orthodoxe. C'est une basilique à nef longitudinale, avec une flèche au-dessus du clocher occidental qui culmine à cent vingt-deux mètres — pendant longtemps le point le plus élevé de la ville, et plus haute flèche orthodoxe au monde. Cette flèche, surmontée d'un ange doré en forme de girouette, est un emprunt direct à l'architecture des églises baltes, notamment celles de Riga et Tallinn. L'intérieur, lui aussi, surprend par sa nef dégagée, ses pilastres corinthiens, son ambon sculpté comme une chaire luthérienne.
La nécropole impériale est ce qui fait l'unicité de cette cathédrale. De Pierre le Grand à Alexandre III, tous les empereurs et impératrices de Russie sont enterrés dans la nef principale, l'exception étant Pierre II, mort à Moscou en 1730 et inhumé au Kremlin. Les tombeaux suivent un protocole strict : sarcophage en marbre blanc de Carrare pour les tsars, avec une croix orthodoxe et l'inscription du nom et des dates. Deux tombeaux se distinguent par leur matériau : celui d'Alexandre II, en jaspe vert ondoyant, et celui de Marie Alexandrovna en rhodonite rose — deux pierres dures russes, taillées entre 1887 et 1906 dans les ateliers de l'Oural, qui consitutent un ensemble unique de glyptique impériale.
L'histoire continue plus tard. En 1998, une chapelle annexe accueille les restes de la famille de Nicolas II — identifiés par tests ADN après leur exhumation près d'Iekatérinbourg — lors d'une cérémonie très solennelle présidée par Boris Eltsine. C'est, pour les Romanov, une forme de retour à la maison après quatre-vingts ans d'errance morbide. La visite est émouvante, presque silencieuse, même en pleine saison touristique. Comparable, par certaines dimensions, à la visite du cimetière de Novodevitchi à Moscou, qui rassemble une autre forme de mémoire russe.
La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan, sur la Perspective Nevski, a un étrange parcours soviétique...
Marianne Lefèvre : Notre-Dame-de-Kazan, sur la Perspective Nevski, est l'une des cathédrales les plus visibles de la ville. Qu'est-ce que les visiteurs francophones doivent en savoir, notamment sur son étonnante reconversion sous l'URSS ?
Pierre Dumont :Notre-Dame-de-Kazan, ou cathédrale Kazanski, est l'œuvre de l'architecte russe Andreï Voronikhine, ancien serf affranchi par le comte Stroganov et formé aux Beaux-Arts. La construction dure de 1801 à 1811. La cathédrale s'inscrit dans le pur néoclassicisme impérial alexandrinien : Alexandre Ier, fraîchement monté sur le trône, est un esprit éclairé, francophile, qui veut une cathédrale à la mesure de la perspective Nevski. Il commande à Voronikhine un projet largement inspiré de la basilique Saint-Pierre de Rome, avec une grande colonnade en demi-cercle ouvrant sur la perspective.
Le bâtiment abrite une icône mariale particulièrement vénérée : Notre-Dame de Kazan, une copie de l'icône découverte miraculeusement à Kazan en 1579. Cette icône est considérée comme la protectrice de Saint-Pétersbourg et de la dynastie Romanov ; elle est emportée par Koutouzov pendant la campagne de Russie en 1812 contre Napoléon. C'est d'ailleurs dans la cathédrale Kazanski que se trouve aujourd'hui la tombe du maréchal Mikhaïl Koutouzov, vainqueur de Napoléon, dont les funérailles solennelles ont eu lieu ici en 1813.
Le destin soviétique de Kazan est l'un des plus étonnants. En 1932, sous Staline, la cathédrale est fermée au culte et transformée en Musée d'histoire de la religion et de l'athéisme. Pendant près de soixante ans, le sanctuaire orthodoxe abrite des expositions sur les « crédules » de toutes les religions, des dioramas anti-cléricaux, des pièces archeologiques sur l'inquisition espagnole et les sectes. C'est un cas paradigmatique de la politique anti-religieuse soviétique : non pas détruire les sanctuaires — ce qu'on a fait pour la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, dynamitée en 1931 — mais les retourner contre eux-mêmes.
En 1991, sous Gorbatchev, le culte est rétabli partiellement. En 2000, la cathédrale redevient entièrement orthodoxe. Aujourd'hui, c'est l'une des rares cathédrales de Saint-Pétersbourg qui reste un véritable lieu de culte actif — les autres sont surtout des musées. L'entrée y est gratuite, le visiteur respectueux est bienvenu pendant les offices, mais il faut garder le silence et adopter une tenue décente : tête couverte pour les femmes, épaules couvertes pour tous, pas de short. Pour ceux qui s'intéressent au lien entre Saint-Pétersbourg et la diaspora russe parisienne, je renvoie volontiers à l'entretien avec une historienne sur la diaspora russe à Paris qui évoque la manière dont les exilés ont témoigné de la fermeture de leurs cathédrales.
Y a-t-il des cathédrales méconnues à Saint-Pétersbourg que vous recommandez ?
Marianne Lefèvre : Au-delà des quatre célébrités, y a-t-il des cathédrales pétersbourgeoises moins connues que vous recommandez de visiter ?
Pierre Dumont :Il en existe plusieurs, et certaines méritent véritablement le détour. Je voudrais en citer trois.
Premièrement, la cathédrale Saint-Nicolas-des-Marins (Nikolskii Morskoi sobor), bâtie de 1753 à 1762 par l'architecte Sava Tchevakinski. C'est un chef-d'œuvre du baroque élisabéthéen, ce style somptueux et coloré qui s'épanouit sous l'impératrice Élisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand. La façade bleu céleste avec ses ornements blancs et dorés est exquise. Elle est restée ouverte au culte pendant toute la période soviétique, fait exceptionnel : c'était l'une des seules cathédrales où les Petersbourgeois pouvaient encore prier. Une particularité émouvante : elle conserve la mémoire des marins russes morts en service, dont les naufragés du sous-marin Koursk en 2000.
Deuxièmement, la cathédrale de la Trinité-Izmaïlov (Troitskii Izmailovskii sobor), au sud de la ville. C'est une église régimentaire du style empire, bâtie de 1828 à 1835 par Vassili Stassov pour le régiment Izmaïlovski de la garde impériale. Sa coupole bleue parsemée d'étoiles d'or est l'une des plus belles silhouettes de Saint-Pétersbourg. Elle est moins fréquentée par les touristes, mais l'architecture est aussi noble que celle de Saint-Isaac.
Troisièmement, la cathédrale Smolny (Smolnyi sobor), œuvre absolue du baroque rastrellien. Bartolomeo Rastrelli, l'architecte du palais d'Hiver, en commence le chantier en 1748 sur ordre de l'impératrice Élisabeth qui voulait y prendre le voile. La cathédrale ne sera achevée qu'en 1835 par Stassov. C'est un dialogue de bleus, de blancs et d'ors d'une beauté étrangèrement théâtrale, parfois comparée à un décor d'opéra. L'acoustique étant remarquable, des concerts de musique sacrée y sont organisés — une manière privilégiée d'en saisir l'esprit.
Pour aller plus loin, je recommande aussi la consultation du portail Heritage russe, qui développe une cartographie patrimoniale fine des sanctuaires russes en France et en Russie.
Comment ces cathédrales ont-elles traversé la période soviétique ?
Marianne Lefèvre : Toutes ces cathédrales ont été menacées par la politique anti-religieuse soviétique. Comment ont-elles survécu — ou non ?
Pierre Dumont :Le sort des cathédrales pétersbourgeoises sous l'URSS est inégal et révélateur. La politique soviétique à l'égard du patrimoine religieux a oscillé entre destruction pure (les années 1929-1932), ferméture musculée des sanctuaires et reconversion en musées, ou en magasins, ou même en piscines. Ce qui a sauvé Saint-Pétersbourg, c'est paradoxalement son statut d'ancienne capitale impériale et son patrimoine architectural exceptionnel. Même les bolcheviks les plus iconoclastes hésitaient devant la démolition de monuments aussi spectaculaires.
Saint-Isaac est fermée au culte en 1928 mais transformée en musée dès 1931 — le pendule de Foucault y est installé pour démontrer la rotation de la terre, c'est-à-dire pour battre en brèche les croyances religieuses sur le mouvement du monde. Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé est fermée en 1932, et son sort est resté long-temps incertain : on a même envisagé sa démolition pure et simple. Il y a même eu des tentatives durant les années 1950 ; un plébiscite de citoyens lettrés, accompagné de protestations d'historiens d'art, a finalement obtenu sa préservation. Pendant le siège de Leningrad (1941-1944), elle a servi de morgue temporaire, puis d'entrepôt de légumes, ce qui a très gravement endommagé ses mosaïques.
La rénovation, menée à partir de 1971, est elle aussi un épisode passionnant. Les spécialistes du Musée d'État, en collaboration avec les ateliers Kunstkamera, mettent au point des techniques de restauration des mosaïques byzantines qui font autorité aujourd'hui. La réouverture comme musée a lieu en 1997, et seuls quelques offices ponctuels y sont célébrés : Saint-Sauveur reste officiellement un musée d'État plus qu'une église active.
Pierre-et-Paul, dans la forteresse, a un sort un peu particulier : la forteresse elle-même devient musée dès 1924, ce qui protège la cathédrale ; mais le culte y est interrompu, sauf pour de rares cérémonies funéraires d'apparat. Notre-Dame-de-Kazan, je l'ai mentionné, devient le célèbre Musée de l'athéisme — cas unique d'une cathédrale transformée en musée... contre la religion. Les autres cathédrales ont eu des sorts variés : Saint-Nicolas-des-Marins n'a jamais fermé, comme je l'ai dit ; la Trinité-Izmaïlov a brulé partiellement en 2006 par accident, ce qui n'est pas un dommage soviétique mais mérite mention. Globalement, Saint-Pétersbourg s'en est mieux tirée que Moscou : on n'y a pas dynamité de cathédrale comme la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou en 1931, qui a dû être rebâtie à l'identique dans les années 1990.
Pour un visiteur francais, dans quel ordre conseilleriez-vous de les découvrir ?
Marianne Lefèvre : Pour un visiteur francais qui dispose d'un week-end ou d'une semaine à Saint-Pétersbourg, quel itinéraire conseilleriez-vous pour découvrir les cathédrales ?
Pierre Dumont :Je propose un itinéraire en quatre demi-journées, qui suit une logique chronologique et géographique. Vous pouvez bien sûr l'adapter selon le temps disponible.
Première demi-journée : Pierre-et-Paul, dans la forteresse Pierre-et-Paul. Commencer par là permet de saisir l'origine même de la ville, sa fondation par Pierre le Grand. Comptez deux heures pour la cathédrale et la nécropole, plus une heure pour le reste de la forteresse. Accès par la station de métro Gor'kovskaia, puis traverseée du pont. La vue sur la Neva depuis les bastions est magnifique.
Deuxième demi-journée : Saint-Isaac et Notre-Dame-de-Kazan, le binôme classique. Saint-Isaac d'abord (métro Admiralteyskaia), avec montée à la colonnade pour la vue panoramique — cela permet de localiser ensuite tous les autres monuments depuis 43 mètres de hauteur. Pause déjeuner dans un café de la place Saint-Isaac. Puis remontée à pied vers Kazan, par la rue Bolshaya Morskaia, environ vingt minutes. Visite intérieure de Kazan en quarante-cinq minutes.
Troisième demi-journée : Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, en prenant le temps. Comptez deux heures avec audioguide, l'accent étant mis sur la lecture des programmes iconographiques mosaïqués. Accès par la station de métro Nevski Prospekt, puis cinq minutes à pied le long du canal Griboedov. Finir par une promenade au Champ de Mars voisin et au Musée russe, qui possède un département de l'art religieux russe exceptionnel.
Quatrième demi-journée (optionnelle, pour les passionnés) : Smolny et Saint-Nicolas-des-Marins. Ce sont les deux pépites moins fréquentées. Smolny d'abord, par la station Tchernychevskaia, puis vingt minutes à pied. Saint-Nicolas est plus excentré, dans le quartier des canaux : prendre le métro Sadovaya, puis dix minutes de marche.
Conseil général : achetez les billets en ligne sur le site officiel du Musée d'État (qui gère Saint-Isaac et Saint-Sauveur), notamment en haute saison estivale. Les files d'attente sur place peuvent atteindre une heure trente. Munissez-vous d'une tenue décente : Saint-Nicolas et Kazan restent des lieux de culte actifs. Et prévoyez de l'eau et des chaussures confortables : ces cathédrales se méritent à pied.
Questions rapides : les idées reçues
Pour clore l'entretien, nous avons soumis à Pierre Dumont quelques affirmations courantes au sujet des cathédrales de Saint-Pétersbourg. Vrai ou faux ?
Saint-Isaac n'est pas la plus grande cathédrale orthodoxe : ce titre revient généralement à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou (reconstruite dans les années 1990). Toutefois, Saint-Isaac est l'une des quatre plus grandes cathédrales chrétiennes du monde toutes obediences confondues, derrière Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres et le Dôme de Florence par le volume.
Plusieurs fois même. Sous l'URSS, son démantèlement a été envisagé dans les années 1930 puis dans les années 1950. Pendant le siège de Leningrad, un obus est resté fiché dans la voute pendant près de vingt ans avant d'être désamorcé en 1961. La préservation finale est due à la mobilisation des historiens d'art et à la prise de conscience patrimoniale tardive.
Plus précisément, les pavés du quai du canal Griboedov tachés du sang du tsar lors de l'attentat de 1881 sont intégrés à l'intérieur de la cathédrale, sous un dais en marbre et jaspe situé dans la partie occidentale de la nef. Le sanctuaire est littéralement bâti autour de cette relique matérielle.
La photographie sans flash est généralement autorisée dans Saint-Isaac, Saint-Sauveur et Pierre-et-Paul, qui sont des musées. À Notre-Dame-de-Kazan et Saint-Nicolas-des-Marins, qui restent des lieux de culte actifs, la discrétion est de mise : pas de photographie pendant les offices, et éviter de photographier les fidèles en prière. Le trépied est interdit partout sauf autorisation spéciale.
En particulier en haute saison (mai-septembre), l'achat en ligne sur le site officiel du Musée d'État évite des files d'attente d'une heure ou plus. Pour Pierre-et-Paul, l'achat sur place reste possible sans grande attente. Pour Kazan et Saint-Nicolas, l'entrée est libre car ce sont des lieux de culte.
Toute personne peut assister aux offices orthodoxes sans être baptisée dans cette confession. Les règles à respecter sont simples : tenue décente (pas de short, pas d'épaules découvertes), tête couverte pour les femmes, tête découverte pour les hommes, silence, ne pas circuler pendant la liturgie, ne pas s'approcher de l'autel. Les non-orthodoxes ne reçoivent pas la communion mais peuvent recevoir la bénédiction du prêtre à la sortie.
Trois choses à retenir
En guise de conclusion, nous avons demandé à Pierre Dumont de résumer ce qu'un visiteur français devrait absolument retenir de son passage devant les cathédrales de Saint-Pétersbourg. Voici ses trois points clés.
1. Voir Saint-Isaac pour sa colonnade et son audace néoclassique. La cathédrale de Montferrand n'est pas seulement la plus monumentale de Saint-Pétersbourg ; c'est aussi un manifeste architectural, l'une des incarnations les plus achevées du néoclassicisme impérial dans le monde. La montée à la colonnade panoramique — les 262 marches, la vue à 360 degrés sur la Neva et la perspective Nevski — reste un moment fondateur de toute visite de la ville. Sans Saint-Isaac, on n'a pas vu Saint-Pétersbourg.
2. Voir Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé pour ses mosaïques. Les sept mille cinq cents mètres carrés de mosaïques, réalisés par les meilleurs ateliers russes du début du XXe siècle d'après les cartons de Vroubel, Vasnétsov et Nesterov, constituent l'un des plus grands ensembles mosaiqués du monde. Au-delà du décor, il y a la mémoire d'un assassinat politique majeur du XIXe siècle russe et un manifeste russophile sous Alexandre III. Une visite avec audioguide est vraiment recommandée pour saisir le programme iconographique.
3. Visiter Pierre-et-Paul pour la nécropole impériale. Aucune autre nécropole de monarques au monde ne réunit avec une telle densité trois siècles d'histoire dynastique. De Pierre le Grand à Nicolas II et à sa famille tragiquement assassinée en 1918 puis ré-inhumée en 1998, la cathédrale Pierre-et-Paul condense l'aventure russe dans toute sa grandeur et toute sa noirceur. C'est une émotion spéciale — et un voyage temporel sans équivalent en Europe.
Questions fréquentes
Quelles sont les principales cathédrales de Saint-Pétersbourg ?
Quatre cathédrales dominent le patrimoine religieux de Saint-Pétersbourg. La cathédrale Saint-Isaac (Issakievski sobor), édifiée de 1818 à 1858 par Auguste de Montferrand, est la plus monumentale avec sa coupole dorée de 101,5 mètres et sa colonnade. La cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé (Khram Spassa na Krovi), construite de 1883 à 1907 par Alfred Parland sur le lieu d'assassinat d'Alexandre II, frappe par ses bulbes colorés et ses 7 500 m² de mosaïques. La cathédrale Pierre-et-Paul (Petropavlovski sobor), édifiée de 1712 à 1733 par Domenico Trezzini, abrite la nécropole impériale des Romanov. La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (Kazanski sobor), achevée en 1811 par Andreï Voronikhine, ferme la perspective Nevski avec sa colonnade inspirée de Saint-Pierre de Rome.
Quel est le prix d'entrée pour visiter Saint-Isaac ?
L'accès à la cathédrale Saint-Isaac suit une tarification à plusieurs niveaux. L'entrée du musée principal (intérieur de la cathédrale) coûte généralement entre 400 et 500 roubles pour les adultes, selon la période et les ajustements tarifaires russes. L'accès à la colonnade panoramique située à 43 mètres de hauteur fait l'objet d'un billet séparé d'environ 300 à 400 roubles. Les enfants, étudiants et seniors bénéficient de réductions. Le tarif évolue régulièrement : il est conseillé de consulter le site officiel du musée d'État Saint-Isaac avant la visite. Des billets combinés permettent parfois de visiter Saint-Isaac et Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, qui dépendent du même musée d'État.
Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé : pourquoi ce nom ?
Le nom de Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé (Khram Spassa na Krovi en russe) commémore l'assassinat de l'empereur Alexandre II, mortellement blessé par une bombe lancée par un membre de Naroïnaia Volia le 1er mars 1881 sur le quai du canal Griboedov. Son fils Alexandre III fit ériger une église-mémorial à l'emplacement exact de l'attentat. Le sang versé du tsar libérateur, qui avait aboli le servage en 1861, est intégré au sanctuaire : un fragment du pavé original taché de son sang est conservé sous un dais à l'intérieur, dans la partie occidentale de la nef. Le nom complet officiel est cathédrale de la Résurrection-du-Christ, mais l'appellation populaire Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé s'est imposée dans toutes les langues.
Combien de temps faut-il pour visiter les cathédrales de Saint-Pétersbourg ?
Pour visiter sérieusement les quatre grandes cathédrales (Saint-Isaac, Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, Pierre-et-Paul, Kazan), il faut compter une journée et demie à deux journées pleines. Saint-Isaac demande environ une heure trente pour l'intérieur, plus quarante-cinq minutes supplémentaires si l'on monte à la colonnade panoramique. Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé exige au minimum une heure trente pour appréhender les mosaïques en détail, idéalement deux heures avec un audioguide. Pierre-et-Paul, située dans la forteresse, mérite une demi-journée car la visite inclut la nécropole impériale et l'ensemble du complexe fortifié. La cathédrale de Kazan, plus rapide à visiter, peut se voir en quarante-cinq minutes à une heure. Pour un séjour court, il vaut mieux concentrer l'effort sur Saint-Isaac et Saint-Sauveur, qui sont les deux ensembles les plus spectaculaires.
Peut-on monter en haut de Saint-Isaac ?
Oui, l'ascension de la colonnade panoramique de Saint-Isaac est l'une des expériences incontournables de Saint-Pétersbourg. La colonnade est aménagée à 43 mètres de hauteur, autour de la base du tambour qui supporte la coupole dorée. L'accès se fait par un escalier en colimaçon de 262 marches, sans ascenseur dans la version classique de la visite. La récompense est une vue à 360 degrés sur l'ensemble de Saint-Pétersbourg : la Neva, l'Amirauté, le palais d'Hiver, la perspective Nevski, la flèche de la cathédrale Pierre-et-Paul. Le billet d'accès à la colonnade est distinct du billet pour l'intérieur. La visite est saisonnière pour la colonnade extérieure : par temps de neige ou de verglas, l'accès peut être suspendu. En été, il est possible de monter aussi en soirée pour profiter des nuits blanches.
Quelles sont les horaires d'ouverture des cathédrales ?
Les horaires varient selon la cathédrale et la saison. Saint-Isaac et Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, qui dépendent du musée d'État, ouvrent généralement de 10h30 à 18h, avec une fermeture hebdomadaire le mercredi pour Saint-Isaac et le mercredi également pour Saint-Sauveur. En haute saison estivale (mai-septembre), des nocturnes sont organisées jusqu'à 22h30, profitant du jour des nuits blanches. La cathédrale Pierre-et-Paul, dans la forteresse Pierre-et-Paul, ouvre tous les jours de 10h à 19h (18h le mardi, fermée le mercredi). La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan, qui reste un lieu de culte orthodoxe actif, est ouverte gratuitement de 7h à 20h pour les fidèles et visiteurs respectueux du culte. Les horaires précis évoluent : il est conseillé de vérifier sur le site officiel de chaque musée avant la visite.