Sergueï Kirov (1886-1934) – Révolutionnaire bolchévik et dirigeant de Leningrad

Sergueï Mironovitch Kostrikov (Регей МиÑÐ¾Ð½Ð¾Ð²Ð¸Ñ ÐşÐ¾ÑÑÑиков), dit Kirov, fut l’un des dirigeants les plus populaires de l’Union soviétique dans les années 1920-1930. Premier secrétaire du Parti communiste à Leningrad, son assassinat le 1er décembre 1934 marqua le début des Grandes Purges staliniennes.

Jeunesse et formation révolutionnaire

Sergueï Mironovitch Kostrikov naît le 15 (27) mars 1886 à Ourjoum, petite ville de la province de Viatka, dans une famille modeste. Orphelin dès l’âge de sept ans, il est élevé dans un orphelinat puis obtient une bourse pour étudier à l’école technique de Kazan.

C’est durant ses années d’études qu’il découvre les idées marxistes et rejoint le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) en 1904. Participant actif à la révolution de 1905, il est arrêté à plusieurs reprises par la police tsariste. Il adopte alors le pseudonyme de « Kirov », inspiré du héros perse antique Cyrus.

Après la révolution de février 1917, Kirov s’installe dans le Caucase du Nord où il joue un rôle important dans l’instauration du pouvoir bolchévik. Pendant la guerre civile russe, il participe à la défense d’Astrakhan et à la reconquête de l’Azerbaïdjan en 1920.

Carrière politique à Leningrad

En 1926, après la disqualification politique de Grigori Zinoviev, Staline nomme Kirov premier secrétaire du Parti communiste de la région de Leningrad. Ce poste fait de lui le maître absolu de l’ancienne capitale impériale.

Kirov se distingue rapidement par son charisme et son énergie. Il supervise l’industrialisation accélérée de Leningrad, transformée en centre majeur de l’industrie lourde soviétique. Les usines Kirov (anciennement Poutilov), les chantiers navals de la Baltique et l’usine Électrosila deviennent des fleurons de la production soviétique sous sa direction.

Sa popularité au sein du Parti croît considérablement. Lors du XVIIe Congrès du Parti en janvier 1934 – surnommé le « Congrès des vainqueurs » – Kirov reçoit une ovation aussi longue que celle de Staline, alimentant les rumeurs selon lesquelles certains délégués souhaitaient le voir remplacer le général.

Nom completSergueï Mironovitch Kostrikov, dit Kirov
Naissance15 (27) mars 1886, Ourjoum (province de Viatka)
Décès1er décembre 1934, Leningrad (institut Smolny)
PartiPOSDR (1904), puis Parti communiste de l’Union soviétique
Fonction principalePremier secrétaire du Parti à Leningrad (1926-1934)
DistinctionOrdre de Lénine (1934)

L’assassinat et les Grandes Purges

Le 1er décembre 1934, Kirov est abattu d’une balle dans la nuque dans les couloirs de l’institut Smolny à Leningrad par Leonid Nikolaev, un jeune membre du Parti mécontent. Les circonstances de cet assassinat restent encore aujourd’hui entourées de mystère.

De nombreux historiens estiment que Staline a, au minimum, laissé faire l’assassinat, voire l’a orchestré, afin d’éliminer un rival potentiel. Le garde du corps de Kirov avait été écarté juste avant l’attentat, et Nikolaev avait déjà été arrêté avec une arme près du Smolny quelques semaines auparavant, avant d’être relâché sur ordre du NKVD.

« L’assassinat de Kirov fut le coup d’envoi de la Grande Terreur. Staline s’en servit comme prétexte pour éliminer systématiquement tous ceux qu’il considérait comme des ennemis réels ou potentiels. »

Staline instrumentalisa immédiatement le meurtre. Dès le soir même, il fit adopter un décret permettant les procédures expéditives d’instruction et d’exécution. Ce décret servit de base juridique aux Grandes Purges de 1936-1938, au cours desquelles des centaines de milliers de personnes furent arrêtées, déportées au Goulag ou exécutées – parmi lesquelles la quasi-totalité des « vieux bolchéviks », anciens compagnons de route de Lénine.

Héritage et mémoire à Saint-Pétersbourg

Immédiatement après sa mort, le culte de Kirov fut officialisé par le régime soviétique. De nombreux lieux, villes et institutions furent rebaptisés en son honneur :

  • La ville de Viatka devint Kirov en 1934 (nom toujours en vigueur)
  • Les îles Ielagine de Saint-Pétersbourg furent rebaptisées « îles Kirov »
  • Le stade de l’île Krestovski porta le nom de stade Kirov jusqu’en 2017
  • Le célèbre théâtre Mariinski fut un temps renommé « Théâtre Kirov »
  • L’usine Poutilov devint l’usine Kirov (Кировский завод)
  • Une station de métro porte son nom sur la ligne 1 (Kirovsko-Vyborgskaïa)

Plusieurs plaques commémoratives jalonnent la ville, notamment sur la perspective Nevski et les quais de la Neva, rappelant les lieux où Kirov vécut et travailla. Un imposant monument en bronze se dresse également sur la place Kirov, devant le palais de la Culture.

Le musée-appartement S.M. Kirov

L’appartement où Kirov vécut de 1926 à 1934, situé au 26-28 de l’avenue Kamennoostrovski (ÐşÐ°Ð¼ÐµÐ½Ð½Ð¾Ð¾ÑÑÑовÑкий пÑоÑпекÑ), est aujourd’hui un musée. Ouvert en 1938, il conserve l’intérieur tel qu’il était du vivant de Kirov : le mobilier, la bibliothèque personnelle contenant plus de 20 000 volumes, et les objets personnels du dirigeant.

Le musée permet de découvrir le mode de vie de la nomenklatura soviétique des années 1930, ainsi que l’histoire politique de Leningrad à cette période trouble. L’appartement, avec ses pièces d’apparat et son bureau intact, constitue un témoignage rare de l’époque stalinienne.

Musée-appartement26-28, av. Kamennoostrovski, Saint-Pétersbourg
MétroStation Gorkovskaïa (ligne 2)
Horaires11h-18h, fermé le mercredi

Questions fréquentes

Qui était Sergueï Kirov ?

Sergueï Mironovitch Kirov (1886-1934), né Kostrikov, était un révolutionnaire bolchévik et homme politique soviétique. Premier secrétaire du Parti communiste à Leningrad de 1926 à 1934, il était considéré comme l’un des dirigeants les plus populaires de l’URSS et un rival potentiel de Staline.

Pourquoi l’assassinat de Kirov est-il important dans l’histoire soviétique ?

L’assassinat de Kirov le 1er décembre 1934 à l’institut Smolny de Leningrad servit de prétexte à Staline pour déclencher les Grandes Purges (1936-1938), au cours desquelles des centaines de milliers de personnes furent arrêtées, déportées ou exécutées, y compris la quasi-totalité des « vieux bolchéviks ».

Quels lieux portent le nom de Kirov à Saint-Pétersbourg ?

Plusieurs lieux de Saint-Pétersbourg conservent la mémoire de Kirov : le musée-appartement S.M. Kirov sur l’avenue Kamennoostrovski, les îles Kirov (ancien nom des îles Ielagine), le stade Kirov sur l’île Krestovski, ainsi que de nombreuses plaques commémoratives et monuments à travers la ville.