Alexandre Scriabine (1872-1915) : le compositeur symboliste de la musique mystique

Publié le 24 mai 2026 Temps de lecture : 12 min La rédaction
Pianiste virtuose, compositeur théosophe et mystique, Alexandre Scriabine a entrepris de composer une œuvre totale fusionnant musique, couleur, parfum et danse : le Mysterium. Avec son Poème de l'extase (1908) et Prométhée, le Poème du feu (1910), il invente la notation simultanée de la musique et de la couleur. Mort en 1915 à 43 ans en pleine élaboration de son chef-d'œuvre, il reste l'un des compositeurs russes les plus singuliers et les plus annonciateurs de la modernité musicale du XXe siècle.

Sommaire

  1. Une enfance moscovite et la formation au Conservatoire
  2. La première période : un Chopin russe (1888-1903)
  3. Le tournant mystique : théosophie, Nietzsche et l'évolution stylistique (1903-1908)
  4. Le Poème de l'extase (1908) : manifeste sonore du nouveau Scriabine
  5. Prométhée, le Poème du feu (1910) : musique, couleur et synesthésie
  6. Le Mysterium : l'œuvre totale inachevée
  7. Héritage : Scriabine, prophète de la musique moderne
  8. Questions fréquentes
Composition abstraite symboliste évoquant la synesthésie musicale et chromatique de Scriabine
Scriabine voyait les notes musicales comme des couleurs : do en rouge, sol en orange, mi bémol en bleu acier. Cette synesthésie, qu'il systématisa dans la partition de Prométhée (1910), préluda aux expérimentations d'art total du XXe siècle.

Alexandre Nikolaïevitch Scriabine (Александр Николаевич Скрябин) naît le 6 janvier 1872 (25 décembre 1871 selon le calendrier julien) à Moscou dans une famille de militaires et de lettrés. Orphelin de mère à un an, il grandit sous la garde de sa grand-mère et de sa tante, qui l’initient très tôt au piano. Sa formation au Conservatoire de Moscou, entre 1888 et 1892, le place sous la double autorité de Vassili Safonov pour le piano et d’Anton Arenski puis Sergueï Taneïev pour la composition. Ces années déterminent à la fois sa technique pianistique brillante et son goût pour les formes classiques héritées de Chopin et de Liszt.

Une enfance moscovite et la formation au Conservatoire

L’enfance moscovite de Scriabine se déroule dans un milieu où la musique occupe déjà une place centrale. Sa tante Lioubov Petrovna, pianiste amateur avertie, lui donne ses premières leçons et l’emmène aux concerts du Conservatoire. À dix ans, le jeune Alexandre composé déjà de petites pièces et transcrit des ouvertures d’opéra pour piano à quatre mains. L’entrée au Conservatoire en 1888 coïncide avec l’arrivée de Vassili Safonov à la direction de l’établissement. Safonov, pédagogue exigeant formé à Saint-Pétersbourg et à Berlin, impose à Scriabine un travail quotidien sur les sonates de Beethoven et les études de Chopin. Les cours d’harmonie et de contrepoint sont assurés successivement par Anton Arenski, dont la rigueur contrapuntique marque durablement l’élève, puis par Sergueï Taneïev, spécialiste de la forme sonate et de la polyphonie. Taneïev note dans son journal de 1891 que Scriabine possède « une oreille harmonique d’une acuité rare » et une imagination qui le pousse déjà hors des sentiers battus. Les examens de fin d’année récompensent cette double formation : Scriabine obtient la médaille d’or de piano en 1892 avec l’exécution du Concerto en mi bémol de Liszt. Les premiers opus publiés chez Jurgenson, les Préludes op. 2 et op. 7, portent encore la marque de Chopin tout en révélant des modulations inattendues qui intriguent déjà les critiques moscovites.

La première période : un Chopin russe (1888-1903)

Salle de concert russe de la fin du XIXe siècle, type Conservatoire de Moscou ou Pétersbourg ou Scriabine fut acclamé
Les grandes salles de concert russes du tournant du XXe siècle : c'est dans ces écrins de marbre et de velours que Scriabine, pianiste virtuose, joua ses propres sonates et concertos avant de quitter progressivement la scène pour se consacrer à la composition.

Entre 1888 et 1903, Scriabine composé la majeure partie de son œuvre pianistique de jeunesse : les vingt-quatre Préludes op. 11 achevés en 1896, les Études op. 8 et op. 12, les deux premières Sonates et les Mazurkas op. 3. Ces pièces s’inscrivent dans une esthétique que l’on peut qualifier de chopinienne, mais elles portent déjà la signature d’un compositeur russe par leur traitement du rythme et leur richesse harmonique. Le cycle des Préludes op. 11, conçu comme une réponse moderne aux vingt-quatre Préludes de Chopin, explore toutes les tonalités et propose des climats contrastés, du recueillement du n° 4 en mi mineur à l’élan tourbillonnant du n° 24 en ré mineur. Lors de sa première tournée européenne en 1895-1896, Scriabine joué ces pièces à Paris, Bruxelles et Berlin ; les critiques français parlent d’un « Chopin slave » dont les harmonies annoncent déjà une évolution. Cette période voit également la création de la Sonate n° 1 op. 6 (1892) et de la Sonate n° 2 op. 19 (1897), dernières œuvres où la forme sonate traditionnelle reste respectée. La Sonate n° 3 op. 23, terminée en 1898, marque un premier élargissement du langage avec son scherzo tourmenté et son finale grandiose. C’est précisément à ce moment que Scriabine entre en contact avec lepanorama des compositeurs russes du XIXe au XXe siècle, dont les recherches formelles et harmoniques nourrissent sa propre réflexion.

Le tournant mystique : théosophie, Nietzsche et l’évolution stylistique (1903-1908)

Cabinet de travail d'un intellectuel symboliste russe vers 1910 avec ouvrages théosophiques et atmosphère mystique
Le monde intellectuel et ésotérique de Scriabine : la théosophie de Madame Blavatsky, les écrits de Nietzsche, le mysticisme oriental — un environnement de pensée unique en Russie au tournant du XXe siècle, partage avec les poètes symbolistes Andrei Biely et Alexandre Blok.

À partir de 1903, la lecture de Nietzsche et la découverte de la théosophie de Helena Blavatsky transforment radicalement l’univers intérieur de Scriabine. Installé à Lausanne puis à Paris, il annote abondamment Ainsi parlait Zarathoustra et La Doctrine secrète. Cette période coïncide avec la composition de la Sonate n° 4 op. 30 (1903) et surtout du Divin Poème, Symphonie n° 3 op. 43, achevée en 1904. L’œuvre, créée à Paris le 29 mai 1905 sous la direction d’Artur Nikisch, porte en sous-titre « Luttes – Voluptés – Jeu divin » et témoigne d’un élargissement de l’orchestre et d’une syntaxe harmonique qui abandonne progressivement la tonalité fonctionnelle. La rencontre avec les milieux symbolistes russes se précise lors de séjours à Saint-Pétersbourg en 1906-1907. C’est dans ce contexte que s’affirme l’esthétique commune avecAlexandre Blok, entretien avec une slaviste sur le symbolisme russe, dont la poésie recherche elle aussi une vérité intuitive au-delà des apparences sensibles. De même, les théories d’Andrei Biély et le symbolisme russesur le rythme et la couleur sonore trouvent un écho direct dans les réflexions de Scriabine sur la synesthésie. La Quatrième Symphonie, Le Poème de l’extase op. 54, composée entre 1905 et 1908, synthétise ces influences : l’orchestre s’enrichit de deux harpes, de célesta et de deux pianos, tandis que le langage harmonique se fonde sur l’accord de quarte augmenté qui deviendra la signature du compositeur.

Le Poème de l’extase (1908) : manifeste sonore du nouveau Scriabine

Achevé à Lausanne en janvier 1908, Le Poème de l’extase marque l’entrée définitive de Scriabine dans sa période mystique. L’œuvre, créée à New York le 10 décembre 1908 sous la direction de Modest Altschuler, repose sur un poème programmatique que Scriabine rédige lui-même et qui décrit l’ascension de l’esprit vers la jouissance divine. La partition, longue de quelque vingt-cinq minutes, utilise un orchestre monumental : bois par quatre, six cors, cinq trompettes, trois trombones, tuba, deux harpes, piano, célesta et une importante percussion. L’harmonie est dominée par l’accord « mystique » de six sons (do-fa♯-si♭-mi-la-ré) qui génère des progressions continues sans résolution tonale traditionnelle. Les thèmes, au nombre de cinq, se transforment sans cesse selon un principe de variation continue hérité de Liszt mais poussé à l’extrême. La coda, marquée « avec un transport extatique », fait entendre ce même accord dans toutes les tonalités simultanément, créant un effet de saturation sonore inédit. Les critiques parisiens, lors de l’audition française du 18 mai 1911 à la Société nationale de musique, parlent d’une « musique de l’avenir » qui abolit les frontières entre consonance et dissonance.

Prométhée, le Poème du feu (1910) : musique, couleur et synesthésie

La composition de Prométhée, le Poème du feu op. 60, entre 1908 et 1910, constitue le premier aboutissement concret de la synesthésie de Scriabine. Depuis l’enfance, le compositeur associe chaque tonalité à une couleur précise : do majeur est rouge, fa♯ majeur est bleu vif, mi majeur est jaune d’or. Pour matérialiser cette perception, il conçoit un « clavier à lumières » (tastiera per luce) qui projette sur un écran les couleurs correspondant aux tonalités de la partition. La création mondiale a lieu à Moscou le 2 mars 1911 sous la direction de Serge Koussevitzky, avec le pianiste Alexandre Goldenweiser. L’orchestre comprend deux chœurs, un piano solo, orgue, célesta et le clavier de couleurs. La partie de lumières, notée sur une portée supplémentaire, indique les couleurs à projeter selon un système de douze teintes correspondant aux douze demi-tons. Bien que le clavier de couleurs n’ait pas fonctionné lors de la première, l’idée elle-même marque une étape décisive dans l’histoire de la musique du XXe siècle. L’œuvre s’achève sur un accord de quinte augmentée qui se résout dans un silence chargé de lumière blanche, symbole de l’union finale de l’homme avec le cosmos.

Le Mysterium : l’œuvre totale inachevee

Dès 1908, Scriabine conçoit le projet du Mysterium, œuvre totale destinée à être exécutée dans un temple circulaire construit aux Indes, réunissant musique, danse, lumière, parfums et participation collective des auditeurs. Le texte du « Acte préalable », seule partie achevée, est rédigé en 1913-1914 à Moscou et à Petrograd. La partition, interrompue par la mort du compositeur, devait comporter sept jours de musique ininterrompue, avec un chœur de mille voix, un orchestre gigantesque et un jeu de lumières synchronisé. Les carnets de Scriabine conservés à la Bibliothèque nationale de Russie à Saint-Pétersbourg révèlent des annotations détaillées sur la disposition des participants dans l’espace et sur l’ordre des couleurs et des parfums. Le projet, qui devait provoquer une régénération spirituelle de l’humanité, reste inachevé à la mort du compositeur le 27 avril 1915. La sépulture au cimetière de Novodevitchi à Moscou accueille le corps du musicien emporté par une septicémie consécutive à un furoncle mal soigné.

Héritage : Scriabine, prophète de la musique moderne

L’héritage de Scriabine se mesure tant dans la musique russe que dans les recherches occidentales sur la synesthésie et l’œuvre d’art totale. Ses dix sonates pour piano, de la Première en fa mineur (1892) à la Dixième op. 70 (1913), constituent un laboratoire unique d’évolution harmonique et formelle. Les dernières sonates, monothématiques et construites autour de l’accord mystique, influencent directement les recherches d’Olivier Messiaen et de Karlheinz Stockhausen. À Paris, les Ballets russes de Serge Diaghilev programment Le Poème de l’extase et Prométhée dans les années 1920, tandis qu’Anna Pavlova et les danseurs des Ballets russesintègrent des éléments de gestuelle inspirés par la vision scriabinienne du mouvement. Aujourd’hui encore, lescentres culturels russes en Franceet làvie culturelle russe à Paris autour du Cercle Pouchkine de Nancyorganisent régulièrement des récitals et des conférences qui permettent au public francophone de redécouvrir cette figure centrale du symbolisme musical russe.

Nom completAlexandre Nikolaïevitch Scriabine (Александр Николаевич Скрябин)
Naissance6 janvier 1872 (25 décembre 1871 julien), Moscou
Deces27 avril 1915 (14 avril julien), Moscou, septicémie à 43 ans
SepultureCimetière de Novodévitchi, Moscou
FormationConservatoire de Moscou (Vassili Safonov, Anton Arenski, Sergeï Taneev)
PériodesChopinienne (1888-1903), mystique (1903-1908), prophétique (1908-1915)
Œuvres clés10 sonates pour piano, 5 symphonies dont Le Divin Poème (n°3, 1904), Le Poème de l'extase (1908), Prométhée, le Poème du feu (1910), 24 préludes op.11
ParticulariteSynesthésie complète sons/couleurs, premier compositeur à intégrer une partie de lumières (clavier de couleurs) dans une partition
EsotérismeThéosophie de Helena Blavatsky, lecture de Nietzsche, projet du Mysterium œuvre totale (inachevé)

Questions fréquentes

Qui était Alexandre Scriabine ?

Alexandre Nikolaïevitch Scriabine (1872-1915) était un compositeur et pianiste russe de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, considéré comme l'un des plus originaux de l'histoire de la musique. Pianiste virtuose formé au Conservatoire de Moscou aux côtés de Rachmaninov, il évolua d'une période initiale chopinienne vers une esthétique mystique et synesthésique inédite, intégrant théosophie, philosophie de Nietzsche, et expérimentation chromatique. Son chef-d'œuvre Prométhée, le Poème du feu (1910) est la première œuvre orchestrale à inclure une partition de couleurs projetées (le clavier de couleurs). Mort prématurément à 43 ans d'une septicémie en pleine élaboration du Mysterium — œuvre totale qui devait synthétiser musique, couleur, parfum et danse pour annoncer l'évolution spirituelle de l'humanité — il reste un compositeur prophète dont l'influence sur la musique du XXe siècle (de Stravinsky à Messiaen) est considérable.

Qu'est-ce que la synesthésie chez Scriabine ?

Scriabine etait synesthésique : il percevait les sons et les notes musicales comme des couleurs vives, de manière automatique et stable. Pour lui, do majeur etait rouge, sol majeur orange, re majeur jaune, la majeur vert, mi majeur bleu ciel, si majeur bleu acier, et fa diese majeur violet intense. Cette correspondance n'etait pas arbitraire — elle decoulait du cycle des quintes et constituait pour Scriabine une revelation cosmique. Dans la partition de Prométhée (1910), il integra pour la première fois dans l'histoire de la musique une portee dédiée aux couleurs, jouée sur un clavier de lumières invente specifiquement pour l'œuvre (le Tastiera per Luce). Bien qu'au création l'instrument n'ait pas fonctionne, des executions modernes utilisant des dispositifs digitaux ont restitue cette dimension chromatique. Scriabine inscrivait sa demarche dans une vision unifiee des arts inspirée de la théosophie et des correspondances baudelairiennes.

Quelle est l'œuvre majeure de Scriabine ?

Trois œuvres se disputent ce titre. Le Poème de l'extase (1908), poème symphonique en un mouvement, est considéré comme la signature stylistique mature de Scriabine : harmonies suspendues, accord mystique (fa-si-mi-la-re-sol), apothéose orchestrale finale en do majeur éclatant. Prométhée, le Poème du feu (1910) en est le complément structurel : poème symphonique avec piano, chœur (sans paroles, sur des voyelles) et clavier de couleurs, dédié aux idées nietzschéennes de surhomme. Mais c'est dans ses 10 sonates pour piano que Scriabine est le plus radical, en particulier la Sonate n°5 (1907), la 9e dite Messe noire (1913) et la 10e (1913). Le projet inachevé du Mysterium, dont Scriabine rêva pendant les dernières années de sa vie, devait dépasser toute œuvre antérieure : un rite musical et synesthésique de sept jours dans un temple spécialement construit dans l'Himalaya, déclenchant une transformation spirituelle de l'humanité. Sa mort prématurée empêcha sa réalisation.

Quel est le lien de Scriabine avec Paris et les Ballets russes ?

Scriabine vécut à Paris à deux reprises (1907-1908 et 1909-1910), invité par Serge Koussevitzky, chef d'orchestre et éditeur qui finança plusieurs de ses œuvres et donna les premières parisiennes du Divin Poème et du Poème de l'extase. C'est à Paris qu'il acheva la composition du Poème de l'extase en 1907-1908, dans un appartement de l'avenue de Camoëns (XVIe arrondissement). Bien que Diaghilev ne l'ait pas intégré formellement aux Ballets russes — Scriabine et Diaghilev avaient des tensions philosophiques — sa musique fut largement diffusée dans les cercles parisiens proches des Ballets russes. Le pianiste Nicolas Roubinstein, ami de Scriabine, donna plusieurs récitals parisiens. Prométhée fut créé à Moscou en mars 1911 puis à Londres en février 1913, mais sa diffusion européenne et notamment parisienne fut décisive pour la reconnaissance internationale de son auteur.

Qu'est-ce que le Mystérium ?

Le Mysterium était le projet ultime et inachevé de Scriabine, qu'il élaborait avec une intensité quasi obsessionnelle depuis 1903 jusqu'à sa mort en 1915. Inspiré de la théosophie de Madame Blavatsky et de la philosophie de Nietzsche, le Mysterium devait être une œuvre totale d'art : un rite synesthésique de sept jours, combinant musique, chœurs, danse, lumières colorées, parfums, voire textures tactiles, devant être exécuté dans un temple spécialement construit au pied de l'Himalaya. Cette cérémonie devait déclencher une transformation spirituelle de l'humanité, l'accélération de l'évolution selon les schémas théosophiques. Scriabine n'en a laissé qu'un texte préparatoire (Acte préalable) et des esquisses musicales. Sa mort précoce d'une septicémie (à partir d'une simple coupure infectée) interrompit le projet. Plusieurs compositeurs et chercheurs ont tenté des reconstitutions, dont le compositeur russe Alexandre Nemtin qui réalisa une réalisation orchestrale de l'Acte préalable (1973-1996), donnant une idée de ce qu'aurait pu être l'œuvre.

Comment Scriabine est-il mort ?

Scriabine est mort le 27 avril 1915 (14 avril julien) à Moscou, à l'âge de 43 ans, des suites d'une septicémie généralisée. La cause initiale fut une simple petite coupure, probablement infectée, qui évolua en infection systémique avant la découverte des antibiotiques. Les détails exacts de la blessure restent débattus : certaines sources mentionnent un bouton sur la lèvre supérieure qu'il aurait gratté ; d'autres une coupure de rasoir. La fièvre s'installa, suivie de complications septiques que la médecine de l'époque ne pouvait combattre. Sa mort fut une perte immense pour la musique russe et européenne : Scriabine était au sommet de son inspiration créative et son Mysterium aurait probablement marqué l'histoire artistique du XXe siècle. Il fut inhumé au cimetière de Novodevitchi de Moscou, où se trouve aussi la tombe de Tchekhov.